VISION 2060 DE LA RUPTURE FACE A LA VISION LMA DU FRONT SOUVERAIN
- Publié le février 14, 2026
- Actualités
- par Baba Naazan
VISION 2060 DE LA RUPTURE FACE A LA VISION LMA DU FRONT SOUVERAIN
Le Président TALON a raté une occasion de donner une vision politique au Bénin lorsqu'il a prononcé la phrase suivante : << l'Afrique est de Culture Vodoun >>.
Cette phrase manquait de sincérité profonde de sa part, raison pour laquelle le président est passé à côté de la portée historique de cette phrase, pour ne s'investir que sur son volet mercantile au Bénin : le tourisme.
Les dix années de la gouvernance de TALON auraient pu être portées par les peuples à travers cette belle phrase. Cette phrase aurait pu avoir un impact économique, politique, et social, aussi bien large que profonde. Elle aurait évité au Président TALON toutes ces crises qui ont jalonné son règne. Cette phrase aurait pu fédérer les peuples du Bénin en Nation, et ouvrir nos frontières sur le bon voisinage avec les pays limitrophes
Mais le Président TALON a eu tout faux. Il est passé à côté:
1. il a laminé la classe Politique de tous ses opposants; il a créé des rancœurs inutiles et inoubliables qui en rajoutent à son passif d'homme d'affaires avant de devenir Président.
2. il a mis une croix sur le Social en aggravant le quotidien des béninois au profit de quelques barons politiques et économiques qui sont devenus ses obligés.
3. sur le plan Économique , il a jeté tout son dévolu sur le tourisme de masse auquel il a consacré la réalisation de toutes les infrastructures:
(routes, ponts, eau, électricité) les réformes administratives (digitalisation, décentralisation etc...), en gros
sô tchâ dou tchâ: sorte de modèle économique bienfaisant, mais courtermiste; sans base solide; fondé sur l'endettement et accompagné par une caste de clientèle (UP-R, BR), appuyé par une répression policière aveugle.
Voilà le bilan exact d'une gouvernance fondée sur la vision politique d'un seul Homme, et non pas sur une Vision nationale collective.
Pourtant la phrase était toute trouvée !
<< ...le Bénin est de culture Vodoun... >> mais la conscience n'y était pas: << science sans conscience n'est que ruine de l'âme >>
Le génie ne révèle l'Or qu'à celui qui en connaît la valeur. Sinon, on peut s'asseoir sur de l'Or et penser que c'est des cailloux.
Chèr(e)s compatriotes,
QU'EST-CE QU'UNE VISION, COMME ORIENTATION NATIONALE ET COLLECTIVE ?
Parlant des différents chantiers qu'il a lancés dans le cadre de la Vision Faso MEBO, le Président Ibrahim TRAORÉ du Burkina Faso a prononcé, au passage, cette courte phrase:
<< ...C'est une fois pour toute...>> (IBRAHIM Traoré)
C'est "une fois pour toute" qu'on pose le socle du développement.
C'est comme une maison à bâtir. Il faut partir sur un terrain solide, faire une fondation résistante, ensuite on peut monter les murs en imaginant toutes les fantaisies de la belle maison voulue.
C'est aussi de la sorte, qu'on jette les bases fondamentales du développement de tout pays.
Mais ici, au Bénin, on nous trompe avec une vision tronquée :
la VISION 2060, est une prospective technocratique.
Le 8 juillet 2025, le FRONT SOUVERAIN a écrit à la Cour Constitutionnelle pour dénoncer le caractère technocratique de la dite Vision 2060.
Nous avons également écrit au Ministre Bio TCHANÉ pour solliciter un débat public sur le sujet. Mais il est resté silencieux.
Quant à la Cour Constitutionnelle, elle a consulté le Président du Parlement, M. Louis VLAVONOU, qui a évoqué le caractère représentatif et non impératif du mandat de nos députés qui ont déjà voté la loi sur la Vision 2060. Entendez par représentatif que nos députés ne reçoivent pas d'instructions précises des citoyens, comme je le suis par exemple, mais ils agissent en leur âme et conscience, une fois élus. Alors, pouvons-nous en débattre au moins ? Avec le Ministre du plan ? 🤷🏽♂️Mais non !
De quoi ont-ils peur ?
Des nombreuses contradictions qui émanent de cette vision 2060 ?
La loi sur la vision 2060 est votée, nous dit-on. Donc, le ver est déjà dans le fruit.
Alors, le fruit ne tardera pas à pourrir, tout comme son aîné la Vision ALAFI 2025 qui nous a conduit à WAXALA 2026.
Chèr(e)s compatriotes,
Comment peut-on aller au Progrès et au développement avec une vision quand :
- plus de 98 % de la population ne maîtrise pas la langue française ? Cette langue coloniale, imposée à nos peuples et inscrite au Titre I, art.1 de notre constitution ? Une langue civilisationnelle étrangère, qui porte tout le savoir et la connaissance, que nous sommes censés transmettre à nos enfants ? Diantre ! Avec quoi nos élites dirigeantes réfléchissent depuis 66 ans ? La Vision 2060 qui va à la rencontre du centenaire de notre indépendance ne pose pas concrètement le problème de la LANGUE !
- 100% de la population du Bénin ne sait ni lire ni écrire aucune langue nationale; même pas celle qu'elle parle au quotidien, avec un ACA (Alphabet Civilisationnel Africain) ? Càd, un alphabet qui porte le mode de cognition de notre civilisation africaine; le mode de cognition de notre expression verbale quotidienne très riche, dense et variée ?
<< L' Afrique est de Culture Vodoun >> disait le Président TALON.
- Était-ce une phrase en l'air ?
- Une phrase pour séduire la jeunesse ?
- Mentir aux peuples souverainistes ?
- Tromper les Panafricanistes qui ont le vent poupe ?
Chères compatriotes,
La Culture, le Savoir, la Connaissance, partent tous de la LANGUE.
La LANGUE s'articule par des sons. L' écriture des sons, est basée sur des normes alphabétiques identitaires et civilisationnelles, pour matérialiser nos idées, nos pensées, tout ce qui émerge de la profondeur de nos réflexions pour créer, inventer et innover. Comment espérer aller au Progrès, sans la notre LANGUE, et sans être jamais en mesure de maîtriser la langue française dans ses nuances par la grande majorité de notre population ? Comment peut-on se passer de la matérialisation de nos idées et parvenir au Progrès, et au développement ?
3. Allons encore un peu plus loin:
- notre balance commerciale est déficitaire, de façon continue depuis 1960 et notre endettement est chronique ? C'est aussi le cas pendant ces dix dernières années sous la gouvernance du Président TALON. Nous mangeons à crédit depuis 66 ans. Un jour viendra où il va falloir rembourser, où soumettre nos peuples à l'esclavage. La sagesse des Fon nous avertit : << doudougbé, soussougbé - gbê é adokpo dou bowa wô dô yonou é wê >> Cette sagesse de nos anciens nous prévient contre la vie facile: le sac de maïs qui n'arrête pas d'avaler la farine dans son ventre finira par péter son derrière. Donc tout finit par se payer.
Pour preuve, nous venons de lever 850 Millions de dollars d'Eurobonds, 500 Millions de dollars de SUKUK. Et nous nous applaudissons d'être habiles pour dénicher des prêts. On construit de beaux marchés, des hôtels, des stades, des terrains de golf. Pendant que le Burkina Faso, pays voisin dit pauvre, affiche plus de 1600 milliards de FCFA d'excédent commercial pour 2025 . Sur la même période, le Bénin c'est 400 milliards de FCFA de déficit (négatif). Pourtant, c'est au Bénin que nous avons le meilleur ministre des finances de toute l'Afrique, et le plus beau Président de la République, N°1 de tous les présidents d'Afrique qui parlent bien la langue française 😅 Xovê sïin guinnoun bô ézé vi dô akon: éwan mïi lâ doû aa ? Dicton pour exprimer le paraître sans être des béninois en général, et de nos dirigeants en particulier. Le poisson pourri par la tête.
4. Comment peut-on aller au Progrès et au dévellopement ?
- L' Education nationale depuis 1960 est improductive, déplorable. En tout et pour tout, le Bénin n'a déposé que 49 brevets au total. Et c'est entre 2012 et 2021 (source OMPI). Chèr(e)s compatriotes, pour que vous ayez une idée, la France dépose, en moyenne, 24500 brevets/an. C'est le pays que "nous" tentons de mimer à travers nos infrastructures luxueuses, nos costumes, notre expression latine de la langue. Nous avons 49 brevets en 66 ans. Elle, la France en produit 24500/an, en moyenne.
Chères compatriotes,
ce que nous essayons de vous faire toucher du doigt ici, ce n'est pas notre incapacité à réaliser du Progrès, voire de rattraper et de dépasser la France. Mais il ne faut pas qu'on se mente; car nous avons des insuffisances structurelles énormes.
Nous ne sommes pas dans une conjoncture à dépasser ou à redresser, comme l'est la France, aujourd'hui.
Au Bénin, c'est toute une base structurelle qu'il nous manque et qu'il faut construire.
Il ne faut pas monter en haut de la statue de l'Amazone à Cotonou, défier les lois de la pesanteur, en disant qu'on peut s'envoler de son sommet, comme un oiseau, et atterrir au sol, pour séduire les béninoises et les béninois !
Pour le moment, nous faisons du développement par la communication et non du développement par la fondation.
Il faut descendre du haut de la statue de l'Amazone. Aller à l'atelier, se fabriquer une parachute.
Et c'est seulement après que le saut sera possible. Parce que nous ne sommes pas des oiseaux.
Tenter de séduire son public, ou plutôt des investisseurs étrangers, avec des rêves, des subterfuges, pourrait être assimilé à de l'inconséquence et à de l'irresponsabilité.
Un rêve doit avoir des bases réalistes desquelles on part pour fonder, en toute transparence, une orientation nationale dont les peuples doivent connaître le check-list :
- quelles sont nos ressources humaines ?
- quelles sont nos ressources minières ?
- quelles sont nos ressources naturelles ?
- qui sont nos amis et alliés sur lesquels nous pouvons compter ?
C'est à partir d'une telle transparence que les peuples se fédèrent autour d'une Vision nationale collective, premier pas vers une Nation.
On a beau présenter la Vision ALAFIA 2060 aux investisseurs étrangers, aux représentants internationaux, ce n'est pas eux, ni le PNUD qui bâtiront le Bénin à notre place. Nous devons être capable du minimum, avant de leur faire appel. Or ce n'est pas le cas.
Je n'en veux pour preuve que le financement des travaux pour formaliser la dite Vision 2060. C'est le PNUD qui l'a financé. Même pour ce petit démarrage symbolique, nous n'avons pas été capables d'assurer notre autonomie, notre souveraineté, notre dignité et émancipation.
On dit en langue Fongbé : nan da assi noun wé, bô nan lê yi xô nan noun wé a ? Je te marie une femme, est-ce encore à moi d'aller à sa nuit de noce pour toi ?
Nous sommes déjà si dépendants du FMI, BM, et autres SUKUK des pays arabes, qu'en plus il faut leur demander de venir financer nos envies de luxe, de terrain de golf, de château, d'embellissement divers. Le nécessaire avant l'agréable !🤷🏽♂️
Les conjectures de la propagande sur le Progrès et le développement, par le gouvernement de TALON, sont d'une grande naïveté ou tout du moins, une tartuferie vis-à-vis du peuple.
Qui parmi, les rédacteurs de ce dossier dit ALAFIA 2060 sera là en 2060 pour constater le bilan ?
Ceux qui ont rédigé ALAFIA 2025 sont-ils passés à la tribune de présentation de la vision 2060 pour justifier du succès réel et sérieux de ALAFIA 2025 ?
Chèr(e)s compatriotes,
Voici ce que disait Maître Adrien HOUNGBEDJI en 2018 au Président TALON,
« L’État que vous avez hérité était un État , fragilisé, fragmenté, saccagé, banalisé et descendu de son piédestal… » (Maître Adrien HOUNGBEDJI).
Il le disait à 18 ans après le lancement de ALAFIA 2025, càd à sept ans de son échéance. Maître Adrien HOUNGBEDJI insistait sur le fait que l’appareil d’État était affaibli et en déliquescence, malgré ALAFIA 2025.
5. Comment peut-on aller au Progrès et au développement avec la Vision 2060 quand:
- 7 béninois sur 10 en âge de voter, désertent les urnes par désillusion pour la gouvernance de nos élites dirigeantes ? C'est un réel désaveu pour le pouvoir de TALON qui donne l'impression d'avoir tant fait, alors que ses réalisations sont une inversion des priorités pour bâtir un socle solide. Les infrastructures vont dépérir très vite, faute de budget d'entretien. La jeunesse qui doit l'entretenir est en train de fuir le pays et elle n'est pas formée. La population ne se sent pas si concernée par cette politique nationale.
Tenter de mettre deux litres d'eau dans une bouteille d'un litre, cela n'est réservé qu'aux prestidigitateurs !
Pour bâtir un pays, les fondamentaux c'est l'Education, la Formation la Santé et l'Intégration sous-régionale.
Or, le Président TALON, non content de se fâcher avec toute la sous-région avec de colossales pertes financières pour le Bénin, prend le risque de détourner les pays du Sahel, très riches, vers l'Algérie, le Maroc, la Guinée etc... À la place le Président TALON nous exhibe quelques kilomètres de bitumes, de beaux marchés à l'occidental* qui pouvaient attendre, des stades pour une population qui veut du pain, des monuments pour touristes de seconde zone etc...,
au lieu d'investir dans la connaissance et le transfert de technologie, afin d'assurer à notre Économie une base solide.
Une Vision, c'est avant tout une incarnation de la volonté de tout un peuple.
Une Vision , ce n'est pas des tableaux Excel, de belles maquettes vidéo, mais qui, au final, frustre tout le monde !
Nous avons déjà rêvé ALAFIA 2025. Nous avons été éblouis par le PAG 2016-2021. Il a fallu 5 années de mandat supplémentaire pour une partie du PAG. Et comme ce n'est toujours pas si convaincant, c'est plutôt des mandats de 7 ans fois deux, qu'on nous impose. Dans ces conditions, avec quel collectif national allons-nous bâtir la Vision ALAFIA 2060 ?
Une Vision politique, susceptible d'emporter la volonté d'un peuple, est loin d'être un simple plan technique de développement.
C'est une orientation sociale et sociétale commune qui donne une perspective à chacun et à chacune.
J'aime le VODUNDAYS, par exemple. Il aurait pu être incarné dans une Vision collective. Mais la façon dont elle est déclinée pour faire de l'argent et du tourisme, le réduit à une simple diversion économique.
Notre conception d'une << Afrique de Culture Vodoun >> aurait pu voir, par exemple :
- dans chaque couvent vodoun, des Prêtres du Vodoun qui savent lire et écrire les LANGUES qu'ils parlent au quotidien, avec l'ACA (Alphabet Civilisationnel Africain).
- chaque Couvent devenir un laboratoire de recherche scientifique
- chaque Prêtre Vodun, devenir un Savant, un Sachant, un Chercheur.
Voilà des pistes à étudier pour une Vision 2060 qui serait fondamentale pour notre avenir.
La Vision 2060 est en parfaite décohérence avec les nécessités fondamentales du Bénin.
Si <<l'Afrique est de culture Vodun >> Il faut ancrer notre Culture dans le Savoir et la Connaissance. Et cela passe par l'Education.
Selon nous, au FRONT SOUVERAIN, la Vision dit 2060 n'est pas une vision.
C'est le plan quinquennal que faisaient les pays européens. Elle ne cadre plus avec un monde imprévisible et en agitation permanente. Les "carnivores" (puissances impérialistes) d'un côté, les "herbivores" (Etats faillis comme le Bénin) de l'autre, référence faite aux propos de MACRON.
Dans un monde de "carnivores" et "d'herbivores", ce n'est plus les plans quinquennaux qui sauvent; c'est les visions des peuples qui sauvent les peuples.
Le FRONT SOUVERAIN, définit la Vision 2060 comme un Plan de Progrès (PdP).
Le PdP, c'est l'opérationnalisation qui vient à la suite de la Vision du peuple, l'orientation générale et nationale que le pays s'est lui-même donné.
Par exemple, la Vision LMA du FRONT SOUVERAIN. Raison pour laquelle nous la vulgarisons depuis 10 ans !
- notre LANGUE
- notre MONNAIE
- notre ARMÉE,
Armée Continentale Dotée de son Industrie.
Même si notre vulgarisation a inspiré aussi le pouvoir de TALON pour rédiger la Vision 2060 en fin de mandat, ce Pouvoir n'a pas encore saisi l'essence de ce que doit être une Vision pour un peuple, et les conditions pour l'émergence d'une telle vision au sein d'un peuple.
Un peuple se dote d'une VISION claire, nette et précise, lorsqu'il est capable d'élaborer de lui-même, par lui-même, et pour lui-même, son propre imaginaire.
Alors, les peuples deviennent un Peuple, une Nation.
Djomaïxa CODO
Cellule de Communication
FRONT SOUVERAIN
4fev2026.